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Le Demi-sang

le Mer 21 Fév - 15:44
TUROK GRISE-OMBRE :


« Nous sommes les bâtisseurs de l'avenir du monde, mais vous êtes uniquement celui de votre avenir »- Maladriel Millian.

Je me suis toujours demandé si toutes les mères ou pères des métisses et demis-sang de ce monde avaient choisie de donner naissance à un enfant de demi-sang ? J'ai longtemps étudié le sujet au court de mes voyages et de mes nombreuses études. Sans doute nombre des demi-sang que j'ai questionné ont dût penser que je faisais ceci pour me moquer d'eux, par orgueil de mon sang pur, mon statu de Haut-elfe les poussant certainement à ce genre de conclusion, que j'avoue, stupide. Bref... Bien entendu, il ne s'agissait pas de moquerie, simplement de curiosité et, à mes yeux, d'une véritable étude. Par chance j'ai un jour croisé dans la Forêt des Pins Argentés la route d'une jeune femme du nom de Milandra, qui m'aida fortement à éclaircir de nombreux points dans l'étude des parents de demi-sang.

Cette jeune humaine d'une vingtaine d'année, était enceinte et sans doute pas loin de mettre son enfant au monde. Complètement perdue, elle accepta de faire la route avec moi. Au fils des jours, elle me suivit dans mon voyage comme elle le pouvait. Nous passions de longues nuits à discuter d'elle et de son passé. Je sentais qu'elle avait besoin de quelqu'un pour la soutenir, alors, je lui ai apporté ce soutien. Très rapidement, elle me fit confiance, m'avouant qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'un Haut-elfe s'attarde sur le cas d'une pauvre femme, enceinte et perdue. Avec un sourire amusé, je lui confia sans aucune crainte que j'étais sans doute une exception parmi les miens, qui ne devraient pas avoir autant d’orgueil face à des alliés. Les jours s'écoulèrent et la confiance que l'on avait l'un pour l'autre devint de plus en plus grande. Je me sentais concerné par la survie de cette petite humaine et elle se sentait concernée par mon bien-être, car elle ne pouvait apporter que cela : le réconfort de bras pour apporter la tendresse, ainsi qu'un repas assuré chaque fois qu'elle le pouvait. Je n'étais pas amoureux d'elle, mais il est certains que j'avais une grande affection pour Milandra Wiffewood.

Je finis un jour par apprendre qu'elle n'avait pas voulu l'enfant qu'elle portait, car son père n'était qu'un monstre qui l'avait violé. La nouvelle me choqua, alors qu'elle semblait presque sereine lorsqu'elle l'avoua. Je l'observa longuement après notre discussion, me demandant ce que cela lui faisait de porter un enfant qu'elle n'avait pas désiré. Elle semblait calme, posant une main sur son ventre arrondit en le caressant avec une tendresse hors du commun, chantant un doux chant en gilnéen. Car oui, elle faisait partie de ce fier peuple, mais n'avait pas fait partie de ceux enfermés derrière le mur. Vint alors le jour de la naissance. Pour être franc, je ne m'y attendais pas et ce fut uniquement mes réflexes de médecin qui me permirent de l'aider à mettre au monde l'enfant. Mais... tout ne se passa pas bien. Il y avait beaucoup trop de sang pour un simple accouchement... alors que je prenais l'enfant dans mes bras, mes vêtements tâchés par le sang de Milandra, je m’aperçus qu'elle rendait son dernier souffle. Elle m'attrapa le poignet d'une main tremblant et me fit promettre de m'occuper de l'enfant quoi qu'il arrive. Dans un dernier souffle, elle prononça un prénom : Turok. Je sus que c'était très certainement le nom du demi-sang que je portais dans les bras. Enroulant Turok dans une couverture de voyage après qu'il fut propre, je le déposa contre Sansha, à l'époque un magnifique griffon blanc femelle, qui enroula ses pattes autours de lui, protectrice. Au moins, elle l'avait déjà adopté. Sachant l'enfant en sécurité, je décida d'offrir à Milandra une dernière demeure correcte. Je dût interrompre le creusage de la tombe quand le demi-sang se mit à hurler. Il avait faim... Je fouilla rapidement dans les réserves de nourriture et tomba sur la dernière bouteilles de lait que nous avions. Milandra aimait boire son verre de lait, ce qui fut une aubaine pour moi à l'heure actuelle. La magie aidant, je modela la bouteille et fit apparaître une tétine pour qu'il puisse se nourrir pour la première fois. Fort heureusement, je savais m'occuper des jeunes enfants, ayant pendant longtemps assister une sage-femme dans une maternité pour y apprendre la médecine enfantine.

Je me souviens avoir passé une bonne heure à l'observer alors qu'il se nourrissait avidement, certainement sous le choc de n'avoir pas put sauver sa mère. Sa peau grise, son nez plus épais que celui des humains m'indiquait que son père était effectivement un orc. J'avais le nom de ce dernier et la furieuse envie de le tuer, mais j'avais surtout un enfant qui n'avait rien demandé à élever et à éduquer. Et mon premier soucis était de faire en sorte qu'il survive sans une mère pour l'allaiter. Je me souviens, tout au long de notre voyage pour rejoindre une ville, avoir passé des heures à chercher une ferme sur notre chemin afin d'y trouver du lait, l'enfant enroulé dans une couverture de voyage, avec pour lange un morceau de ma cape, que j'avais fini par décrocher et ranger dans mes affaires. Heureusement que Sansha était avec moi, sinon... je ne sais pas comment j'aurais put avancer avec mes affaires et celle de Milandra. Il fallait dire que je n'avais pas fière allure, moi, un magistère haut-elfe, me retrouvais sale, mes vêtements tâchés de sang et souillés par la terre, traversant la ville avec l'enfant contre moi pour essayer de rejoindre mes appartements sans que l'on me voit. Je voulais pour le moment éviter les questions et les désagréments. Je ne sais pas si la chance fut avec moi ou si simplement je fus plus malin que les autres, mais je parvins à rejoindre mes appartements sans trop de soucis. Je n'avais absolument rien chez moi qui me permettait de m'occuper d'un nouveau-né, aussi après m'être lavé et changé, j’enroulai à nouveau Turok dans un linge propre, puis fila au travers de la ville en direction de l'hôpital où je savais trouver Nira, celle qui m'avait appris à m'occuper et à soigner les très jeunes enfants.

C'est d'un pas sans doute trop précipité que j'arrivai enfin sur place. Les infirmiers présents m'observèrent avec surprise et tous m'indiquèrent l'endroit où se trouvait Nira. Ah ! Qu'aurais-je fais sans elle ? Sans doute n'aurais-je jamais put élever correctement le jeune Turok, sans doute n'aurait-il pas survécu. La douce Nira m'aida à m'occuper correctement d'un nouveau-né, me conseilla quant à l'éducation que je devais lui apporter et m'offrir tout ce qu'il fallait pour mener à bien tout ceci. Je me souviens qu'elle venait me voir deux fois par semaine, s’inquiétant du bien-être du petit demi-orc que j'élevais. Elle me taquinait souvent sur le fait qu'elle ne m'aurait jamais vu avec un enfant. Il fallait avouer qu'elle n'était pas loin de la vérité. Malgré mon âge, je n'avais jamais voulu d'enfants. Peut-être parce que je ne me sentais pas prêt pour en avoir ou juste parce que je pensais ne pas avoir le temps de m'occuper d'eux ? Il n'empêche que je me suis retrouvé « père » sans même le vouloir, juste pour avoir porté assistance à une jeune humaine perdue. Je n'étais pas sûr de parvenir à éduquer correctement un demi-orc, à en faire quelqu'un de bien et surtout à lui apprendre plus tard que son père n'était qu'un salopard qui avait violer sa mère, mais que sa mère l'avait toujours aimée. Pourtant, les années passèrent et je vis Turok devenir un homme. Une arme au service du Concordat, un parfait garde du corps. Jamais il ne m’appela « père », jamais il ne me fit honte. Il restait fier et droit, quoi qu'il arrive. Mais son statu de demi-orc ne le fit accepter nul part dans l'Alliance. Du moins, pas sans méfiance.

Ainsi donc, à dix-huit ans, il représentait le mélange parfait des deux races. Son visage avait des traits très humains, mais reflétait aussi la puissance des orcs, par ses mâchoires assez carrées et les petits-crocs qui dépassaient de la lèvre inférieure. Il fallait avoué que cela lui donnait un certains charisme. Son corps était solide, composé de muscles puissants, mais pourtant bien plus fins que ceux des orcs purs. Sa peau était d'un gris pâle, aussi douce et fine que celle d'un homme. Et sur sa tête, trônait une crinière brune, qu'il coiffait soigneusement, la tressant en partie alors que l'autre était laissé libre. On le surnommait "Grise-Ombre", car il était un redoutable chasseur qui avait sut se lié avec une louve énorme au pelage gris. J'étais fier de lui, mais son avenir au sein de l'Alliance ne dépendait plus de moi, maintenant qu'il était adulte. Tout ce qu'il allait construire ne dépendait maintenant que de lui et lui seul. Il savait qui était son géniteur et j'étais persuadé qu'il chercherait un jour à le tuer. Mais ceci ne me concernait plus, je n'avais pas le droit de l'empêcher de venger sa douce mère. Moi-même, j'avais voulu partir à la recherche de ce monstre pour le tuer des années en arrière. L'avenir de Turok ne dépendait maintenant uniquement que de ses actions, de sa valeur, de sa bravoure et de sa volonté.
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